L’audition baisse bien avant qu’on s’en aperçoive

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Le volume de la télévision augmente d’un cran tous les six mois, sans qu’on y prête vraiment attention. Les repas de famille deviennent plus fatigants à suivre. Ce sont souvent les proches qui remarquent la baisse d’audition en premier, bien avant la personne concernée, parce que l’adaptation se fait en douceur, geste après geste.

Une baisse progressive, donc invisible de l’intérieur

Contrairement à une perte brutale, la baisse progressive de l’audition liée au vieillissement de l’oreille touche d’abord les sons aigus, ceux des voix féminines et des consonnes comme le « s » ou le « f », essentielles pourtant à la compréhension de la parole. On continue d’entendre qu’on parle, mais on comprend moins bien ce qui est dit, en particulier dans le bruit. Le cerveau compense un temps en devinant les mots à partir du contexte, ce qui retarde encore le moment où le problème devient évident.

Les signes qui doivent alerter

  • Monter le volume de la télévision plus fort que ne le souhaite le reste de la famille.
  • Demander régulièrement de répéter, en particulier au restaurant ou dans une pièce bruyante.
  • Avoir l’impression que les autres articulent moins bien qu’avant.
  • Éviter progressivement les réunions de famille ou les sorties à plusieurs, par fatigue d’avoir à suivre.

Pourquoi ce n’est pas un détail de confort

Une audition qui baisse sans être corrigée pousse souvent, sans qu’on s’en rende compte, à se retirer progressivement des situations sociales bruyantes : moins de repas de famille, moins de sorties, moins de conversations à plusieurs. Ce repli, motivé par la fatigue d’avoir à faire répéter, a un coût réel sur le lien social, alors qu’un appareillage bien réglé permet souvent de reprendre une vie sociale pleine. C’est pour cette raison que le sujet ne relève pas seulement du confort d’écoute, mais de la qualité de vie au sens large.

Pourquoi l’entourage le voit avant la personne concernée

Un proche remarque que la télévision est trop forte, ou qu’il faut répéter une phrase deux fois pour se faire comprendre, bien avant que la personne concernée ne reconnaisse elle-même une gêne. Cette différence de perception s’explique simplement : celui qui n’entend plus aussi bien s’est déjà habitué, sans y penser, à combler les blancs par le contexte, tandis que celui qui doit répéter constate directement le décalage. C’est pour cette raison que la remarque d’un proche mérite d’être prise au sérieux plutôt que balayée d’un revers de main, même quand elle est reçue avec agacement sur le moment.

Le dépistage, un test simple

Un audiogramme réalisé chez un ORL ou un audioprothésiste, indolore et rapide, permet de mesurer précisément l’audition sur l’ensemble des fréquences et de savoir si un appareillage est utile. L’Assurance Maladie précise les conditions de remboursement de ces bilans et des appareils auditifs, avec un reste à charge réduit depuis la réforme des soins auditifs.

Ce sujet rejoint d’ailleurs directement ce que nous racontons dans la rubrique Mémoire & Cerveau : une bonne partie des difficultés à suivre une conversation vient d’un effort d’écoute mal compensé, pas d’un problème de mémoire. Faire vérifier son audition permet souvent de lever ce doute simplement.

Un contrôle chez le médecin traitant ou un spécialiste ORL reste la seule façon fiable d’évaluer une audition qui semble avoir changé, sans attendre que la gêne devienne trop importante pour être ignorée.


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